Hutin Serge - Techniques de l'envoûtement


Auteur : Hutin Serge
Ouvrage : Techniques de l'envoûtement Initiation et connaissance
Année : 1976

Lien de téléchargement : Hutin_Serge_-_Techniques_de_l_envoutement.zip

A mon ami le « mage blanc », Paul I-Ki, en reconnaissant hommage S.H. Introduction. L’envoûtement, cette emprise victorieuse d’un homme sur un autre (nous aurons à mieux préciser la définition), constitue sans nul doute l’une des pratiques les plus frappantes du domaine de la magie, l’une des plus archaïques aussi. Mais ne serait-il pas utile de commencer par définir ce qu’est au juste la magie ? Pour cela, il n’est pas mauvais de partir des images courantes qui nous viennent tout de suite à l’esprit quand on prononce ce mot. Première caractéristique bien connue : la magie serait l’art d’obtenir des résultats contraires aux mécanismes normaux qui sont habituellement nécessaires pour les voir se produire. A la fin du XVIe siècle, le moine inquisiteur Martin Del Rio dans ses Disquisitiones Magicae (1592) faisait sienne cette conception populaire de la magie, en y ajoutant (vous le constaterez) une nuance destinée à préserver le domaine des miracles, où il y a, certes, production d’effets contraires au déterminisme naturel mais où c’est une puissance surnaturelle souverainement bénéfique (de source divine) qui intervient. Il disait donc : « Dans son acception commune, la magie est l’art et le pouvoir de produire des effets extraordinaires et étonnants, grâce à une force existante et naturelle. J’ai dit une force existante et naturelle, afin de séparer ces effets des vrais miracles. » Prenons deux exemples destinés à fixer les idées. Soit un homme qui désire devenir très riche : pour y parvenir, il devra faire en sorte (par un processus le plus souvent long et décevant) de choisir un métier bien rémunéré et d’y persévérer, ou encore (ce qui ne se fera pas non plus sans compétence ni efforts) s’efforcer de placer avantageusement ses fonds dans des affaires favorables. Ou bien encore, il pourra (s’il est un être sans scrupules) tenter le risque d’une action hors la loi, telle un hold-up important, mais qui suppose les risques policiers majeurs que l’on sait. Alors que la magie sera réputée capable, en revanche, d’obtenir des résultats analogues mais d’une manière rapide, voire instantanée, sans efforts ni risques : trouver l’emplacement d’un trésor ; savoir à l’avance les billets de loterie gagnant des lots importants ; obliger un privilégié de la fortune à remettre une grande partie de son magot. L’exemple d’un homme qui, remarquant une très jolie femme qui passe dans sa rue, veut en faire la conquête est tout aussi significatif. Normalement, sauf le cas (bien rare) d’un « coup de foudre » réciproque, cela lui donnera (et sans pour cela que le résultat souhaité soit garanti) tout d’abord une possibilité d’aborder la personne, puis des rencontres progressives, mais fréquentes ; dans la vie courante, les séducteurs irrésistibles1 sont, en effet, plus rares qu’au cinéma. Cependant, la croyance selon laquelle il existerait des procédés magiques infaillibles, susceptibles de rendre la femme irrésistiblement et presque immédiatement amoureuse de l’homme qui l’a remarquée, est très fréquente. La magie serait-elle l’art d’obtenir n’importe quoi, sans tenir compte des nécessités, des lois les plus manifestes ? L’âme populaire le croirait volontiers. Comme la marraine de Cendrillon, le magicien serait capable de changer une citrouille en carrosse. Aussi extraordinaire que cela puisse sembler à l’époque où l’homme vient de mettre le pied sur le sol lunaire, non seulement la croyance en l’efficacité de la magie subsiste, mais d’innombrables personnes continuent à croire que tout (ou presque) pourrait être obtenu sans effort, pas même, d’ailleurs, celui de pratiquer soi-même la magie, puisque des « spécialistes » proposent leurs services, moyennant rétribution, cela va sans dire. Il est fort instructif, à cet égard, de lire les annonces publiées (en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, en Italie et en bien d’autres pays occidentaux) soit dans des périodiques spécialisés, soit dans des hebdomadaires à grande diffusion. En voici trois exemples significatifs, que nous relevons au hasard (le lecteur comprendra que nous ne donnions pas l’identité des annonceurs) dans un journal à très grand tirage : « Obtenez tout ce que vous désirez. » «Réussite en tout : retour d’affection, désenvoûtement. » « Émettez un voeu, je le réaliserai. » Trois exemples seulement, entre bien d’autres annonces similaires. Si grand est l’attrait du merveilleux que rien, même les réalités les plus visibles, ne peut entamer la crédulité populaire. De même que les champs de courses sont hantés par des vendeurs de « tuyaux » infaillibles dont les vêtements élimés ne semblent guère cependant attester leur propre réussite ; de même il est des mages se disant capables de découvrir les plus fabuleux trésors et qui ont bien du mal à payer leur loyer ! La crédulité est encore largement répandue, et pas seulement dans les campagnes reculées. Autre caractéristique de la magie dans la représentation imaginative commune de celle-ci par le public : son caractère à la fois secret et « maudit », illicite. Caractéristique adoptée par René Hubert et Marcel Mauss2 pour donner la physionomie du rite magique : « Tout rite qui ne fait pas partie d’un culte organisé, rite privé, secret, mystérieux, et tendant, comme limite, vers le rite prohibé. » Assurément, on n’a pas attendu le christianisme pour condamner les pratiques magiques, interdites aussi bien par Moïse que dans la Rome primitive, par la loi des XII Tables. Mais ne serait-il pas plus normal de distinguer, selon les buts poursuivis, deux types de magie, l’une licite, l’autre (tout au moins en principe) condamnée? Distinction qui se trouve déjà chez les populations sans écriture. C’est abusivement, par exemple, qu’on nomme « sorciers » tous les magiciens d’Afrique noire. Et, dans ce qu’on nomme la « sorcellerie » des campagnes françaises (ainsi que d’autres pays européens), on trouverait les bons magiciens (s’occupant tout spécialement de guérir) et, à l’opposé, ceux qui, ayant «fait un pacte avec le diable », se spécialisent dans les pratiques nuisibles à autrui. Il est vrai que la distinction entre la « magie blanche » (bénéfique) et la « magie noire » (maléfique) n’est pas toujours nettement tranchée. On trouvera parfois les mêmes personnes accomplissant aussi bien les actes bénéfiques que ceux nuisibles à autrui : c’est le cas pour certains sorciers et « jeteurs de sorts » des campagnes comme ce l’est pour divers « mages » actuels, travaillant (au gré du client) pour des résultats positifs ou négatifs, selon les cas. ...

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