Raemaekers Jean-Paul - Les dossier X Ce que la Belgique ne devait pas savoir sur l'affaire Dutroux


Auteur : Raemaekers Jean-Paul
Ouvrage : Les dossier X Ce que la Belgique ne devait pas savoir sur l'affaire Dutroux
Année : 1999

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CHAPITRE 1. Hiver 1995 Jean-Paul Raemaekers «Je vais mettre la machine en marche» Jean-Paul Raemaekers, 27 janvier 1995 Pour le public fidèle des cours d’assises, avide de passion et de drame, le spectacle risque d’être ennuyeux. Personne n’a été assassiné, ni enlevé, ni pris en otage. L’homme qui comparaît est pratiquement inconnu et il a avoué ce qu’on lui reproche. De plus, si quoi que ce soit de sensationnel devait survenir dans ce procès, cela se passerait à huis clos. Ce matin du 23 janvier 1995, les habitués des assises de Bruxelles se préparent à suivre des débats techniques et procéduriers sur la psychologie de l’accusé, des débats qui risquent de durer des journées entières. Sans surprise, la défense demande l’internement. De manière tout aussi prévisible, le procureur Raymond Loop plaidera en fin de semaine pour une peine exemplaire. L’accusé est Jean-Paul Raemaekers, quarante-cinq ans, Bruxellois. Il doit répondre du viol et de la torture de trois enfants: huit, neuf et dix ans. Les preuves sont convaincantes: neuf séquences qu’il a filmées lui-même en vidéo, où tout est clairement visible. Comme il a déjà été condamné en 1989 pour des faits identiques, l’issue du procès est facile à deviner. Les perspectives de Raemaekers s’assombrissent encore lorsqu’il s’avère, au premier jour du procès, que son avocat, le célèbre pénaliste Jean-Paul Dumont, ne sera pas présent à l’audience. Il s’est fait excuser et remplacer par ses confrères Marc Depaus et Patrick Gueuning. La défense semble déjà se résigner à une situation désespérée. Le seul qui a l’air de voir les choses sous un autre angle, c’est Jean-Paul Raemaekers lui-même. Il joue le petit-bourgeois au grand coeur qui, d’une bêtise, a gâché une vie jusqu’alors irréprochable. Il est rasé de près et sort de chez le coiffeur. Au début, il ne parle que lorsqu’on l’interroge. Quand il s’exprime, c’est avec pathos; il se perd en considérations lyriques tout à fait déplacées. Son débit est vertigineux. Il peut aussi prendre un ton d’excuse, presque de soumission. Ou pompeux: «Je ne veux rien cacher et j’entends jouer cartes sur table», répond-il à la première question de la présidente Karin Gerard. Oui, reconnaît-il, son orientation sexuelle est un problème particulièrement grave. Oui, lui aussi a visionné les films, mais dans un premier temps, il ne pouvait pas croire que c’était bien lui qui, en violant la petite fille, éclatait de rire à mesure qu’elle hurlait de douleur. Lorsque de telles choses se produisaient, il perdait complètement le contrôle de ses actes. «Pour compenser ma maladie, j’ai toujours tenté de faire le bien», dit-il en se complaisant dans le rôle du malade. «J’ai souvent fait des dons anonymes à des homes et des orphelinats.» Certains membres du jury somnolent déjà lorsque Karin Gerard aborde, en ce premier jour d’audience, le sujet inévitable: sa jeunesse. Une jeunesse triste, comme celle de presque tous les accusés d’assises. Raemaekers n’est pas le nom sous lequel il est né, le 25 juin 1949, premier enfant d’une certaine Rose Wattiez, d’Etterbeek. Mère célibataire, elle l’abandonne un an et demi plus tard à l’assistance publique à Bruxelles. Il apprend ses premiers mots à l’orphelinat. En 1954, il est adopté par Armand Raemaekers, un colonial à la tête d’une famille déjà nombreuse. Le petit Jean-Paul part vivre avec eux au Congo belge jusqu’à l’indépendance. De retour en Belgique, la famille place l’enfant, âgé maintenant de onze ans, en pension; il en est renvoyé à dix-sept pour faits de moeurs sur des camarades plus jeunes. «Elle m’a vendu pour 40.000 francs», fulmine l’accusé lorsque la juge Gerard prononce le nom de Rose Wattiez. Il n’estime pas davantage son père biologique. Selon l’acte d’accusation, il s’agit de François Deliens, évêque de l’Eglise gallicane à Liège. Un homme marié et père de cinq enfants. D’après Raemaekers, il faut y ajouter neuf enfants naturels, dont lui-même. Rose Wattiez l’a confirmé lors de l’instruction: Deliens est bien le père. Lorsque l’évêque est appelé à témoigner, il le nie avec force. Mais plus encore que l’évêque, il déteste sa famille adoptive: «C’est là qu’il faut chercher la cause», s’écrie-t-il. «Dans cette famille, je recevais plus de coups que de nourriture. Je souffre aujourd’hui encore de n’avoir jamais connu la chaleur d’un vrai foyer. A cause de ce qui est arrivé là, j’ai commencé à haïr les femmes. Je suis violent avec elles.» Ce ne sont pas des femmes que la présidente veut entendre parler, mais des enfants. «Je ne veux pas minimiser mes problèmes», déclare Raemaekers en se repliant sur son rôle. «Je recherche surtout la vérité.» «Ce n’est pourtant pas ce qui ressort de l’instruction», réplique la présidente. Les vidéos, qui pour l’accusation constituent les pièces à conviction, datent d’août 1992 à mars 1993. Pendant deux mois, Raemaekers a maintenu n’avoir aucun lien avec la production de ces enregistrements. Il a tout d’abord prétendu qu’il avait acheté ces cassettes et que c’était une simple coïncidence si le coupable lui ressemblait. Ce sont ses propres filles, âgées seulement de neuf et onze ans, qui ont reconnu, sur des photos extraites des vidéos, leurs camarades de classe Nancy P. et Nelly D.V. Nancy, dix ans, et Nelly, huit ans, sont deux demi-soeurs issues d’une famille défavorisée, dont la mère a fait la connaissance du gentil monsieur Raemaekers à la sortie de l’école. Il les a aidés, elle et son compagnon, à trouver un logement. Ils sont devenus bons amis. Nelly et Nancy allaient de temps en temps loger chez leurs amies le week-end. C’est là que tout s’est déroulé. «Je n’aurais jamais osé soupçonner Jean-Paul d’une chose pareille», déclare le père de Nancy. Nelly fournit une preuve matérielle aux enquêteurs: la chemise de nuit qu’elle portait lors des prises de vue. Selon Nancy, elles ont logé au moins une vingtaine de fois chez lui; selon Nelly, un peu plus de dix fois. Les enquêteurs apprennent que Nelly souffre de séquelles psychologiques, de dissociation. Elle a refoulé une partie des horribles souvenirs. Elle se met en rage chaque fois que quelqu’un tente de les lui rappeler. Les déclarations des fillettes concordent pour dire que Raemaekers agissait toujours seul. Dès que sa femme avait quitté la maison, il sortait sa caméra. Si les gamines se rebellaient, elles étaient battues sans la moindre pitié et Raemaekers menaçait de les emmener quelque part où ce serait encore beaucoup plus pénible que chez lui. Nancy est un jour rentrée chez elle avec un oeil au beurre noir. Elle a raconté qu’elle s’était cognée dans une porte. Sa mère n’a pas cherché plus loin. Sur une des photos, on a également reconnu Angélique D.G., qui avait neuf ans lorsque, fin 1992, elle a dormi deux fois chez Raemaekers. Sa photo est extraite d’une séquence filmée qui dure quatorze minutes et cinq secondes. Les jurés visionnent la vidéo pendant le procès. Au début de la séquence, contrairement à Nancy et Nelly, Angélique n’a aucune idée de ce qui va arriver. Elle est joyeuse et souriante. L’instant suivant, affolée, elle hurle et appelle sa maman. Raemaekers la pénètre plusieurs fois et l’oblige à lui faire une fellation. A la fin de la torture, il lâche dans un rire gras: «Bon, on fera l’autre moitié demain.» L’appartement de Raemaekers, avenue Louise, à Bruxelles, est facilement identifié sur l’enregistrement. – Pourquoi enregistriez-vous ces scènes? – Il y avait beaucoup d’argent à gagner. On pouvait aussi échanger ces cassettes. – Avec qui? – Cela se passait dans un réseau de pédophilie très étendu, qui opère en Belgique, aux Pays- Bas et en Allemagne. Moi-même, je n’étais qu’un petit élément de ce réseau. – Qui étaient les autres? – Je ne souhaite pas faire de déclarations à ce sujet pour l’instant. ...

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