Valayan Louis - La guerre contre le cancer au temps du Troisième Reich


Auteur : Valayan Louis
Ouvrage : La guerre contre le cancer au temps du Troisième Reich
Année : 2009

Lien de téléchargement : Valayan_Louis_-_La_guerre_contre_le_cancer_au_temps_du_Troisieme_Reich.zip

Une grande Civilisation. L’Allemagne de la première moitié du XX° siècle pouvait s’enorgueillir d’avoir engendré la moitié des prix Nobel et de détenir une partie considérable des brevets d’invention du monde. Ses élites maîtrisaient la culture scientifique du plus haut niveau et l’ensemble de la planète jalousait sa médecine. Dans “la patrie des savants et des poètes” venaient s’exercer à l’activité scientifique nombre d’universitaires. Le Troisième Reich continua la tradition née avec le Romantisme et la “Naturphilosophie”. Que l’on évoque la télévision, les avions à réaction, les missiles guidés, les ordinateurs électroniques, les microscopes à électrons, la fission nucléaire, le traitement des données, tous ces domaines furent soit développés pour la première fois soit portés à un haut niveau durant cette période. La première émission de télévision diffusée avec suffisamment de puissance pour couvrir un espace plus vaste que la planète avait pour objet le discours d’ouverture du Chancellier Hitler aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Des innovations majeures touchèrent la physique fondamentale (découverte de la fission nucléaire par Otto Hahn et Lise Meitner en 1938), la recherche sur les hormones et les vitamines, les moteurs d’automobiles, la pharmacologie. Des produits nouveaux apparurent : essence et caoutchouc synthétiques (en 1942, IG Farben contrôlait plus de 90% de la production mondiale de caoutchouc synthétique) ; gaz innervant Sarin ; arme chimique tabun ; méthadone opiacée (synthétisée en 1941) ; création du Demerol sous le nom de “pethidine”. Les ingénieurs de l’aéronautique conçurent les premiers missiles balistiques intercontinentaux (jamais assemblés) et construisirent le premier siège éjectable d’avion. Pour compléter ce bref aperçu des multiples travaux menés à bien, citons les premières autoroutes et le premier enregistrement magnétique... Une médecine de la Totalité opposée à une médecine de la particularité. L’histoire de la médecine, plus encore que celle d’aucune autre discipline de la connaissance, ne peut être dissociée de l’histoire de la culture. La médecine du XX° siècle a bénéficié d’une révolution technologique sans précédent mais en ce qui concerne les soins de la personne, c’est la médecine romantique, spécialité germanique, qui lie l’organisme humain à l’organisme total, le Gesamtorganismus de l’univers. L’organisme a remplacé le système dans la démarche romantique. Appliquée à l’humain, l’idée d’organisme implique l’obligation de respecter la forme globale de l’individu en état de santé ou de maladie et de ne pas dissocier la médecine du corps de la médecine de l’esprit. Car toute maladie corporelle doit s’exprimer aussi par des troubles correspondants au niveau de la conscience et, à l’inverse, la santé individuelle ne s’enferme pas dans les limites de l’organisme. La personnalité humaine n’est pas prisonnière dans le sac de la peau : elle rayonne alentour, en réciprocité d’influence avec le paysage, l’environnement, et, de proche en proche, elle se trouve en communication avec l’univers tout entier. Les Romantiques ont retrouvé les inspirations des antiques pharmacopées, dont l’efficacité met en oeuvre des correspondances présentes dans le grand corps de l’univers. Les naturismes, végétarismes, diététiciens qu’ils soient d’aujourd’hui ou contemporains du Troisième Reich perpétuent en réalité les inspirations que l’on trouve dans la Macrobiotik de Christoph Wilhelm Hufeland (1762-1836). On ne peut s’étonner que de 1934 à 1937, la superficie consacrée aux herbes et plantes médicinales fut multipliée par plus de dix, ni qu’à la fin des années trente, Dachau fut le plus grand centre de recherche médico-botanique au monde où on avait créé de vastes jardins botaniques. La plantation produisit la presque totalité des épices consommées par l’armée durant la guerre et, dans les paysages, on favorisait les plantes indigènes, selon la tradition de l’école romantique, synthèse culturelle des arts et des sciences. Les pharmaciens professionnels furent incités à évaluer l’efficacité de ces herbes, pour éviter de renouer avec les erreurs du siècle précédent lorsque le principe d’homéopathie découvert par Samuel Hahnemann (1755-1843) conduisit ce dernier à une étude systématique des drogues et de leurs effets mais, lorsque son influence généra une pharmacopée spécifique, il fut haï et persécuté par la corporation des pharmaciens traditionnels qui l’obligèrent à s’installer en France. Médecine de l’homme malade, et non agrégat de techniques, la médecine romantique a imposé durablement un état d’esprit et un système de valeurs même si les progrès majeurs de la connaissance arrivèrent dans la deuxième moitié du XIX° siècle. Le sens de l’irréductibilité de la vie en tant que phénomène global hors d’atteinte des réductions analytiques s’oppose toujours aux tenants du mécanisme scientiste. Une figure emblématique est celle du physiologiste Johannes Müller (1801-1858), pionnier de la médecine expérimentale. ...

992 reads

Books

You might also like

Pennick Nigel - The celtic cross

Author : Pennick Nigel Title : The celtic cross An illustrated history and celebration Year : 1997...

Continue reading

Pennick Nigel - Witchcraft and secret societies of rural England

Author : Pennick Nigel Title : Witchcraft and secret societies of rural England The magic of...

Continue reading

Pennick Nigel - Sacred geometry

Author : Pennick Nigel Title : Sacred geometry Symbolism and purpose in religious structures Year :...

Continue reading



Donate


Balder Ex-Libris
Review of books rare and missing


Balder Ex-Libris